Les hacks foisonnent à Montréal

par Suzanne Lortie le 14 décembre 2011
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Je viens de passer le plus clair de mon après-midi hier parmi les bibittes écloses des Music Hack Days. Les données ouvertes sont sur la sellette, et Montréal commence à être de la partie avec les Random Hacks of Kindness, les Harmonious Hacks, et autres Hackathon avec Montréal Ouvert, ça bouge. Les Hackers de Montréal ont leur groupe/babillard ici.

Organisés par Dave Haynes, un SoundClouder émérite, les Music Hack Days se tiennent maintenant un peu partout en Europe et en Amérique: Londres, Boston, New York, San Francisco, Barcelone, Berlin, Stockholm, Amsterdam. La prochaine édition aura lieu à Cannes en janvier, dans le cadre du MIDEM. La première édition montréalaise a eu lieu en septembre. Et c’est chouette que Montréal soit sur la carte.

Le principe de ces hack days musicaux (auxquels je n’ai pas assisté, n’étant pas programmeuse) est simple et similaire à tous ces autres événements geekiens: à partir d’API ouvertes, d’accessoires technoïdes, on code, on raboute, on code, on crée, on mange de la pizza, on dort très peu, on recode et on présente un projet d’application aux autres participants au terme des 24 ou 48 heures que durent les sessions. Le commun des mortels a une petite idée du potentiel de certaines applications (qui vont de l’instrument virtuel aux streamings personnalisés en passant par le mashup) sur le blogue de evolver.fm (pour les applications créées ou améliorées lors de l’événement de New York)  et sur TNW (pour les trucs sortis lors de la session londonienne la semaine dernière).

Plusieurs applications vont puiser dans les ressources de Echo Nest, une boîte issue de la cuisse de MIT en 2005 et du cerveau de deux doctorants, Tristan Jehan et Brian Whitman. Echo Nest est d’abord une mega plateforme d’analyse: 30 millions de chansons, 1,5 millions d’artistes, 5 milliards de datapoints colligés depuis sa fondation. Déjà plus de 200 applications ont été bâties en utilisant ses modules, dont iHeartRadio (et ses 1,820,000 fans Facebook). Echo Nest travaille aussi en partenariat avec EMI, cette dernière offrant une partie de son catalogue aux développeurs. On retrouve aussi sur les terrains de jeux des hackers les API de Spotify, Last.fm, etc etc etc.

Voici un exemple d’application ludique créée sur la plateforme de Echo Nest, le Bohemian Rapsichord, un casse-tête musical.

Au-delà de ces chiffres donnant le tournis, ce sont les écosystèmes et grappes de programmeurs et d’organisations mobilisés autour de ces hackdays qui sont à surveiller, même si ils sont trop discrets. À Montréal, ces journées ont eu lieu pendant le Festival Pop Montréal, et souhaitons leur de renouveler l’expérience l’an prochain. J’ai aussi découvert, un peu tard, sur la page montréalaise, le site de Show de Salon, un réseau de concerts à la maison en phase de tests en ce moment. Les liens vers les autres supporters et commanditaires sont à explorer. Les projets eux-mêmes sont à découvrir sur le wiki des journées.

Mais bon, foisonnement oblige, j’ai eu besoin de calme, et d’organisation dans mes découvertes. Vimeo m’offre parfois un refuge.

Voici un des nouveaux films sélectionnés par les éditeurs de Vimeo, La Mer de Pianos. Un film de Tom Wrigglesworth et Mathieu Cuvelier sur Marc Manceaux, un facteur/hacker de pianos peut-être. Même foisonnement, même désordre, même liberté, même poursuite de renaissance.

N’hésitez pas à mentionner d’autres évènements en commentaire.

3 commentaires
  1. Ce n’est pas complètement du hack mais dans le domaine de la musique et son industrie, outre les rencontres mensuelles que j’organise à montréal : YULmusiQC, je suis en train de mettre sur pied un musiQCamp pour l’été 2012. Ne pas hésiter à me contacter si intéressée à participer!

  2. Bon survol.

    Mini correction : Hacks/Hackers n’est pas un groupe de tous les hackers, c’est un événement visant à mettre en contact les « hacks » (journalistes) avec les « hackers ». Donc faire se rencontrer deux communautés qui y gagneront à connaître l’autre.

    (« The term ‘hack’ has been adopted by UK journalists as a form of humorous, self-deprecating self-description. » http://en.wikipedia.org/wiki/Hack_writer)

  3. Suzanne Lortie permalien

    Merci Patrick pour la précision, et pour le grain d’humour british en prime. Tenez-nous au courant des prochaines sessions.

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