le vertige des listes

par Suzanne Lortie le 28 décembre 2009
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2009 tire à sa fin, bienvenue les listes.  Les listes bilan, les listes prospectives. Comme je n’aime pas les listes fermées, je préfère celles qui se terminent par etc. Celles qui bougent et qui racontent.

Je suis tombée sur un bijou, un autre, de Umberto Eco, Le vertige de la liste.

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Voici ce qu’en disent les catalogues.

« Dans l’Iliade, Homère nous offre deux modes de représentation : le premier, c’est le bouclier d’Achille, une forme achevée et circonscrite où Vulcain représente tout ce qu’il sait sur une ville, sa campagne alentour, ses guerres et ses rites en temps de paix. Le second, c’est le fameux catalogue des navires, démesuré, que dresse le poète, impuissant à dire le nom et le nombre des guerriers achéens, et qui se conclut idéalement par un «et caetera». On appelle ce second mode de représentation la liste ou l’énumération. Il y a des listes pratiques et finies, comme celles qui recensent les livres d’une bibliothèque ; et il y a celles qui suggèrent l’incommensurable et nous font ressentir le vertige de l’infini.
Cet ouvrage montre que, depuis toujours, la littérature fourmille de listes, d’Hésiode à Joyce, d’Ézéchiel à Gadda. Il s’agit souvent d énumérations égrenées pour le goût de l’inventaire, la mélodie du dénombrement ou le plaisir vertigineux de réunir des éléments sans relation spécifique, comme dans les énumérations dites chaotiques. Mais ce volume ne nous propose pas seulement de découvrir une forme littéraire rarement analysée ; il nous montre aussi combien les arts figuratifs savent suggérer des énumérations infinies, même lorsque la représentation semble contrainte par l’encadrement d’un tableau.
Le lecteur trouvera dans ces pages de quoi s’étourdir en éprouvant le vertige de la liste. »

Voici donc deux de mes vertiges de 2009.

Le High Line Park à New York est une liste de bonheurs urbains et vivants. J’ai acheté ma carte de membre de soutien parce que je voulais inscrire mon nom dans l’histoire de la ville, et faire partie des fous qui admirent ce projet depuis des années. On m’a traitée d’hurluberlue souvent lorsque j’en ai parlé avant son ouverture. La seule qui me prenait au sérieux est ma fille. Nous sommes allées à NY toutes les deux au printemps et je lui ai montré mon coup de coeur. Elle a maintenant l’impression d’être un peu proprio, et d’avoir une mère vraiment cool. Plusieurs photos ici.

le High Line photo inHabitat

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Je ressens aussi vertige et infini lorsque je me plonge dans le blogue photo du Boston Globe, The Big Picture.

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4 commentaires
  1. J’ai aussi une fascination pour la High Line que j’ai très hâte de parcourir. Ce n’était pas encore ouvert quand je suis allée à New York en avril dernier, mais je suis tout de même allée en dessous parce que j’étais trop curieuse!

  2. Suzanne Lortie permalien

    J’ai fait un pacte avec moi-même d’y aller au moins quatre fois, pour chaque saison.

  3. Paris a aussi son parc linéaire aérien. La Promenade plantée, dans le 12e, est aménagée sur un ancien tracé ferroviaire en surplomb des maisons et rues. Belle façon de visiter un cartier ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Promenade_plantee

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  1. émergenceweb : blogue » Le Web en 2010: le vertige des listes et quatre tendances lourdes!

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