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2009 tire à sa fin, bienvenue les listes. Les listes bilan, les listes prospectives. Comme je n’aime pas les listes fermées, je préfère celles qui se terminent par etc. Celles qui bougent et qui racontent.
Je suis tombée sur un bijou, un autre, de Umberto Eco, Le vertige de la liste.
Voici ce qu’en disent les catalogues.
« Dans l’Iliade, Homère nous offre deux modes de représentation : le premier, c’est le bouclier d’Achille, une forme achevée et circonscrite où Vulcain représente tout ce qu’il sait sur une ville, sa campagne alentour, ses guerres et ses rites en temps de paix. Le second, c’est le fameux catalogue des navires, démesuré, que dresse le poète, impuissant à dire le nom et le nombre des guerriers achéens, et qui se conclut idéalement par un «et caetera». On appelle ce second mode de représentation la liste ou l’énumération. Il y a des listes pratiques et finies, comme celles qui recensent les livres d’une bibliothèque ; et il y a celles qui suggèrent l’incommensurable et nous font ressentir le vertige de l’infini.
Cet ouvrage montre que, depuis toujours, la littérature fourmille de listes, d’Hésiode à Joyce, d’Ézéchiel à Gadda. Il s’agit souvent d énumérations égrenées pour le goût de l’inventaire, la mélodie du dénombrement ou le plaisir vertigineux de réunir des éléments sans relation spécifique, comme dans les énumérations dites chaotiques. Mais ce volume ne nous propose pas seulement de découvrir une forme littéraire rarement analysée ; il nous montre aussi combien les arts figuratifs savent suggérer des énumérations infinies, même lorsque la représentation semble contrainte par l’encadrement d’un tableau.
Le lecteur trouvera dans ces pages de quoi s’étourdir en éprouvant le vertige de la liste. »
Voici donc deux de mes vertiges de 2009.
Le High Line Park à New York est une liste de bonheurs urbains et vivants. J’ai acheté ma carte de membre de soutien parce que je voulais inscrire mon nom dans l’histoire de la ville, et faire partie des fous qui admirent ce projet depuis des années. On m’a traitée d’hurluberlue souvent lorsque j’en ai parlé avant son ouverture. La seule qui me prenait au sérieux est ma fille. Nous sommes allées à NY toutes les deux au printemps et je lui ai montré mon coup de coeur. Elle a maintenant l’impression d’être un peu proprio, et d’avoir une mère vraiment cool. Plusieurs photos ici.
le High Line photo inHabitat
Je ressens aussi vertige et infini lorsque je me plonge dans le blogue photo du Boston Globe, The Big Picture.
Ce billet est comme un genre de cadeau d’hôtesse, pour te remercier de ta gentillesse. L’autre jour, je t’ai lancé une invitation sur Twitter à écrire un billet croisé sur nos meilleurs films gourmands, puisque tu en as eu l’idée, que tu questionnais tes lecteurs et que je ruminais en silence sur le même sujet. Prétextes à une rencontre et à faire bombance de petites et grandes vues, à comparer nos choix.
Je ne serais pas surprise si nos deux palmarès étaient chapeautés par Le Festin de Babette. À côté de Tampopo, et surtout de Salé sucré. Je n’ai pas encore vu Julie and Julia, ni Vatel.
Mais comme le but de l’exercice est aussi de proposer l’apéro, l’entrée, et des entremets, voici mes choix de grignotines, de mets pour emporter, de soupes réconfortantes, et de sublimes plats mijotés, en vrac. Ces films ne sont pas nécessairement sur la bouffe; mais la faim de vivre est le point d’ancrage des personnages.
The Secret Life of Bees
Caramel
Mystic Pizza
Fried Green Tomatoes
Delicatessen
Soylent Green
Milou en mai
Kaos
Au dessert, je servirais Chocolat.
Pour les munchies de début de nuit après une grosse grosse soirée, il y a la Soupe aux choux, ou l’Aile ou la cuisse, ou encore, le Dîner de cons. Et il y a ceci, complètement déjanté, offert par Marie-Julie Gagnon.
Je m’en allais là manger du pâté chinois aux atocas… J’aime quand la bouffe et les images ne font qu’un, quand la fiction prend réalité dans l’assiette. C’était à l’occasion du visionnage (mon dieu que le mot est pas beau) d’extraits du spécial La Petite Vie Noël Story et du documentaire 15 Ans de Petite Vie que la SRC met en ondes ce mois-ci.
On a regardé la chose au nouveau restaurant de Apollo boulevard St-Laurent et on a bien ri. Le nouveau resto de Apollo Giovanni est tout neuf dans son décor entièrement recyclé. Cave à vin/coffre-fort de banque, inox récupéré, etc, mais ça c’est un autre billet.
On a mangé ensuite des affaires : déclinaisons sur les caps de tomates, sur la dinde et sur les carrés aux dattes, arrosé de Château Ragoût. Il y avait même de la salade césar inversée. Mais le réel plaisir a été de parler de tous les blocages culinaires de Thérèse et Môman, des rebondissements alimentaires et conceptuels dans l’histoire des Paré avec les bibles de la Petite Vie que sont Pierre Séguin et Josée Fortier, réalisateur et metteure en scène de la saga. Quand un personnage comme Thérèse délire sur les carrés aux dattes, quand on se rend compte que Môman n’a coupé sa dinde qu’une seule fois de toute l’histoire de la Petite Vie, quand on se met à s’ennuyer du pâté chinois parce qu’il n’y en a pas au menu, on se rend compte à quel point la réalité de la série a dépassé la fiction.
J’ai quizzé Pierre sur les noms des épisodes où le pâté chinois est mentionné ou cuisiné dans la Petite Vie; il est intarissable et incollable. Je lui ai mentionné que Thérèse aurait été d’avant-garde si elle avait servi son pâté chinois en verrines (ce qu’elle fit dans l’épisode Thérèse au WacDo). Il m’a relancé en mentionnant qu’elle en a aussi fait en popsicle (épisode Au chalet). Mais tout le délire que Pierre raconte autour des parallélogrammes, trapèzes, et triangles isocèles aux dattes (mesurés et vérifiés) a fait ma journée. Au lancement ce midi-là, nous avons eu droit au « cube aux dattes ».
Il est temps qu’on le fasse ce documentaire sur la bouffe dans les téléromans. Je me porte volontaire.
Je suis une fille de télévision qui a toujours produit et écrit pour les autres. Toujours en coulisses, la plupart du temps en régie, en réunion, au bureau, devant le clavier pour alimenter le site web. Mais là, j’ai mon propre truc.
Ce blogue est tout neuf, mais il existe parce que Philippe Martin est un gars vraiment chouette. Merci Philippe d’avoir installé le thème et pris le temps de m’aider à y croire.
Merci à Claude Malaison aussi de m’avoir poussé dans le dos dès le jour où je l’ai rencontré en chair et en os au PodCamp.
Claude écrit ici et il m’a peinturé dans un coin en parlant de moi. Merci de l’avoir fait.
Philippe publie ici tout ce vous avez toujours voulu savoir à propos de WordPress sans oser le demander.
Pour faire du pouce sur mon billet « jouer pour toujours », je dois me soumettre à l’exercice de la tague des blogues. J’ai reçu un genre de tague barbecue du Journal à Quatre mains. Ça aurait pu aussi être la tague chocolat, mais bon. C’est probablement le billet le plus personnel que j’écrirai de ma vie. Chiche.
Un plaisir des yeux?
Ma fille qui me cherche du regard avec un sourire après avoir compté un but.
Un plaisir que l’on partage?
La plage de Wellfleet.
Un plaisir d’enfance?
Jouer aux légos en auto, sur une planche-couchette installée par-dessus la banquette, durant les 14 heures de voyage jusqu’en Virginie. Virginia is for lovers.
Un plaisir odorant?
Arte, de Gucci, et son souvenir.
Un plaisir égoïste?
Regarder seule l’intégrale des Sopranos, et ne pas être disponible pour faire le souper.
Un plaisir de l’oreille?
Mon fils qui chante sous la douche.
Un plaisir charnel?
Des draps qui sortent de la sécheuse.
Un plaisir inconnu ?
Voyager en Chine ou en Australie.
Un plaisir du goût ?
Tout ce qui est japonais.
Un plaisir anachronique?
Ne pas être seule à trouver que Mille après Mille, de Willie Lamothe, est une grande chanson.
Un plaisir qui ne coûte rien ?
Entendre mon fils rire lorsqu’il est plongé dans une lecture drôle.
Un plaisir honteux ?
Le décallage horaire. Tout le monde déteste, moi j’adore.
Un plaisir hors de prix ?
déménager à New York
Un plaisir défendu?
le guerilla gardening, gagner du terrain sur l’asphalte de mon stationnement.
Un plaisir surestimé?
Porter des vêtements griffés.
Un plaisir à venir?
Ouvrir une bouteille de Ramos-Pinto Vintage 1970.
Un milliard et demi d’êtres humains parlent l’anglais sur la Terre. Une personne sur cinq maniant avec plus ou moins de bonheur un lexique qui, selon Marie-Éva de Villers, est plus complexe que le français (mais d’une grammaire plus simple). Célébrons un peu la richesse de la chose.
Unfriend , mot de l’année selon le New Oxford American Dictionary, a défrayé les manchettes dernièrement parce que selon les lexicologues de l’institution, c’était le mot qui avait le plus de lex-appeal. Parmi les autres propositions on retrouvait hashtag, intexticated,paywall, netbook, freemium, funemployed, ecotown et … tramp stamp.
Les fins d’année amenant leur lot de bilans et compilations, le Global Language Monitor a publié hier son palmarès des mots, expressions et noms les plus utilisés par les médias anglophones et dans les Internets en 2009.
À la différence des survols précédents du vocabulaire de l’heure, les algorithmes du Global Language Monitor sondent maintenant aussi la blogosphère et les médias sociaux. Cette année, même un chiffre peut devenir un mot. Voici les résultats du classement, une sorte de petit voyage à travers l’actualité 2009:
1. Twitter
2. Obama
3. H1N1
4. Stimulus
5. Vampire
6. 2.0
7. Deficit
8. Hadron
9. Healthcare
10. Transparency
11. Outrage
12. Bonus
13. Unemployed
14. Foreclosure
15. Cartel
Les Twitterisms et Obamarisms ont été recencés sur le OUPBlog de l’Oxford University Press. Voici les choses à mettre dans votre panier d’achat avant d’aller payer avec les sous d’une zombie bank, ou si vous voulez une chicane avec un birtherou un teabagger à propos d’une deleb ou d’un death panel dans un brown state : Tweeps, Tweetup, Twitt, Twitterati, Twitterature, Twitterverse/sphere, Retweet, Twibe, Sweeple, Tweepish, Tweetaholic, Twittermob, Twitterhea. Obamanomics, Obamarama, Obamasty, Obamacons, Obamanos, Obamanation, Obamafication, Obamamessiah, Obamamama, Obamaeur, Obamanator, Obamaland, Obamalicious, Obamacles, Obamania, Obamacracy, Obamanon, Obamalypse.
Je suis tombée là-dessus en « buvant » un peu d’eau à la rivière Twitter aujourd’hui. En lisant un tweet de quelqu’un qui ne me lit pas. Peu importe, sa bouteille à la rivière contient une petite perle de beauté.
Pour un bref moment le soir du jeudi 20 novembre, Guy Kawasaki n’était pas le sujet de l’heure surTwitter à Montréal. Ça parlait macarons, ou plutôt de Clémence Bouloque, l’inventeur (e ?) des macarons. Très heureuse initiative de la pâtisserie/boutique Point G experte es macarons, championne en utilisation des réseaux sociaux, qui a depuis quelques jours un concours quotidien de devinettes sur Twitter. Un concours méga traditionnel, des moyens branchés sur la communauté des influenceurs.
les macarons de la boutique Point G à Montréal
J’admets ma faiblesse pour la chose extraordinaire qu’est LE macaron de la boutique Point G. Digne d’un topo à Mixeur sur TV5. Et je salue bien bas l’humour, la délicatesse et le sens de l’à propos de la boutique. Avec un blogue superbe, des photos alléchantes, des saveurs synonymes de bonheur, les gens de Point G ont mis au point une stratégie impeccable pour une PME. Ils ont mis à profit tous les outils de la commercialisation moderne.
Le 21, c’était au Salon du livre que ça se passait. Quand j’ai lu sur Twitter la très respectable Chez Jules écrire qu’elle partait au Salon du Livre de Montréal pour une séance de signature avec « son stylo, sa craque, et ses macarons », j’ai pensé que ça sentait bon le délire sucré. Mais je n’ai toujours pas gagné, mon tour viendra.
Maman, est-ce que je vais jouer au ballon-chasseur même quand je vais être grand? Eh oui mon fils. Et j’irai t’encourager quand tu seras un membre en règle des Pierre Lambert, desScientologues, des Cicatrices. La Ligue de ballon-chasseur du Québec est pour toi. Et qui sait, peut-être que les grands champions, les mythiques Garnottes oulesSiphonneux, t’auront signé un contrat béton. Et quand tu entreras sur le terrain de l’école Le Plateau, je crierai : « Éliminez-vous les uns les autres ».
J’avais un fils inquiet de se faire traiter de bébé-lala et qui ne voulait pas entendre la cloche à la fin de la récréation. J’ai maintenant un grand garçon qui s’entraîne, et qui m’amène avec lui loin de la nostalgie surrannée des petits jeux de l’enfance. Il m’a secrètement redonné la permission de jouer et d’aller à la recherche de souvenirs de cour d’école sérieusement remis au présent.
Le temps n’a peut-être pas tant changé les choses… La revue française Vacarme nous a fait part il y a quelques années d’une heureuse initiative : des artistes ont décidé de réécrire le mode d’emploi de ces jeux oubliés des adultes pour brasser la cage de quelques grosses compagnies. Ils nous proposent de jouer à la chaise musicale chez Starbuck’s; au McDobingo en notant les commandes des clients sur une carte énumérant spéciaux et trios; à la cachette dans les cabines d’essayage de Gap; à bulldog chez Nike pour confondre les agents de sécurité. Est-ce que l’avenir des jeux de l’enfance passe par la désobéissance civile et le dérangement ? Les Flash Mobs ? ImprovEverywhere ? Un Lip Dub ?
Le parcours de roche-papier-ciseau est révélateur : il est maintenant un système «d’aide à la décision». Le jeu a sa fédération internationale et ses championnats. Rejouer notre enfance est probablement une bonne idée.
Et pour les pères? Ils iront jouer au pond hockey, du hockey en patins sur des lacs glacés, à Granby, Lac-Beauport ou Magog. Et s’ils sont bons, les championnats du monde, dont un des slogans est «soyez le champion du monde de vos rêves d’enfant», sont organisés. Mais les noms d’équipe sont tellement moins jolis qu’au ballon-chasseur.